La relève du cirque à Montréal: un écosystème fragile à protéger

Un article récemment paru dans la presse mettait en lumière un enjeu important: les changements dans les règles d’immigration commencent à fragiliser l’écosystème du cirque à Montréal, comme c’est le cas dans plusieurs secteurs.

Pour beaucoup de compagnies, ces nouvelles contraintes rendent plus difficile l’accueil d’artistes internationaux et la préparation des productions.

À l’École de cirque de Verdun, nous en ressentons déjà les effets. Plusieurs de nos employé·e·s et formateur·trice·s ont récemment dû quitter le territoire rapidement en raison de ces changements. Cela fragilise nos organisations et prive le Québec de talents qui contribuent à la richesse de notre milieu.

Si des programmes comme le PEQ deviennent moins accessibles, il devient d’autant plus important de soutenir les pépinières de talents d’ici: les écoles de cirque, les programmes artistiques en milieu scolaire et les organisations qui accompagnent les jeunes dans leurs premiers pas dans ces disciplines.

Car l’écosystème du cirque ne repose pas seulement sur les grandes productions et les scènes internationales. Il repose aussi sur tout le parcours de formation qui permet à la relève d’émerger.

Chaque année, à l’École de cirque de Verdun, des milliers d’enfants découvrent le cirque grâce à nos cours, nos camps et nos ateliers scolaires. Pour plusieurs, c’est une première expérience artistique. Pour certain·e·s, c’est le début d’une passion, parfois même d’une carrière!

Mais les programmes qui nourrissent cette relève sont rarement les plus rentables. Sans soutien structurant, il devient de plus en plus difficile de les maintenir accessibles.

Comment assurer la relève du cirque sans soutien structurant pour le secteur culturel?

Crédit photo © Benoit Z. Leroux

On pourrait penser que ces enjeux ne sont pas importants, qu’il y a d’autres priorités que la culture et les arts.

Mais avons-nous réfléchi à tout ce que la culture apporte réellement à notre société? Il est difficile d’en mesurer toutes les retombées économiques et sociales. Pourtant, la culture fait partie intégrante de notre quotidien.

Que faisons-nous lorsque nous ne travaillons pas? Nous lisons, nous allons voir des spectacles, nous écoutons de la musique, nous visitons des expositions. Nous consommons de la culture.

La culture ajoute de la beauté, du sens et de la qualité à nos vies. Et elle vaut donc la peine d’être défendue et entretenue.

Dans ce contexte, nous participons actuellement à la Grande mobilisation pour les arts au Québec, notamment pour dénoncer les coupures qui touchent les programmes artistiques en milieu scolaire.

Si nous voulons que Montréal continue d’être reconnue comme une grande capitale du cirque il faut soutenir tout l’écosystème: des premières découvertes dans les écoles jusqu’aux grandes productions internationales.

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